Focus

NOUVELLE DIRECTION TECHNIQUE

Propos recueillis par Clémence Mathieu

En 2016, Hardel Le Bihan créait MOX, une structure de maîtrise d’œuvre d’exécution composée d’architectes, ingénieurs et bi-cursus. Trois ans plus tard, l’agence intègre un directeur technique, expert enveloppe et façades : rencontre avec l’ingénieur Leonardo Gambatesa.

Clémence Mathieu :
Tu viens du monde de l'ingénierie, qu’est-ce qui t’a motivé à rejoindre une agence d’architecture ?

Leonardo Gambatesa :
J’ai travaillé pendant 15 ans en bureau d’études structure et façades, d’abord chez RFR puis chez T/E/S/S que j’ai intégré au moment de sa création en 2007. Pendant ces années j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets ambitieux et très variés, de tours à géométries complexes en Jordanie à la réhabilitation de la Maison de la Radio et de la Tour Montparnasse à Paris. Que je travaille sur la conception environnementale de l’enveloppe ou sur les technologies de façades innovantes, je garde toujours une attention particulière pour l’architecture, en proposant des solutions techniques en cohérence parfaite avec le concept architectural. Je m’intéresse donc depuis longtemps aux réseaux pluridisciplinaires et au mariage des cultures techniques et architecturales. Cette volonté d’intégrer une agence vient de la nécessité de faire une vraie place, en amont, à une nouvelle sensibilité (technique en l’occurrence) pour fiabiliser le projet de l’enveloppe dans le projet d’architecture.

CM :
Comment perçois-tu la plus-value de tes compétences dans une agence de cette taille (40 collaborateurs)?

LG :
En 15 ans j’ai vu le monde de l’architecture et de la construction évoluer. Le dialogue entre les BET techniques et les architectes devient essentiel et nécessite une connaissance technique approfondie. L’agence Hardel Le Bihan a déjà cette particularité, peut-être du fait, notamment, que Mathurin Hardel soit ingénieur (ESTP) et architecte. Mon objectif est donc d’y renforcer ou d’y créer le lien entre ces deux cultures, le sens du détail bien conçu et réalisé.

©Clément Guillaume

CM :
Quand et comment interviens-tu sur les projets ?

LG :
Je suis encore en train de prendre mes marques ! Pour l’instant, sur des projets où aucun bureau d’études façades n’est consulté, c’est-à-dire quand 100% des détails de façades sont conçus et dessinés par Hardel Le Bihan, mon rôle consiste à asseoir la crédibilité de l’agence vis-à-vis de l’entreprise en phase chantier. Concrètement j’accompagne les équipes de projet à développer le carnet de détails techniques de l’enveloppe (étanchéité, façades, etc.) qui constitue une grande partie de la production graphique du dossier. En dédiant un poste à la coordination de cette production, l’agence affirme une plus grande exigence de précision. En effet, il est essentiel que ces détails soient parfaitement conformes aux règles de l’art et aux normes (ne serait qu’en termes de responsabilité juridique du concepteur) mais aussi techniquement réalisables.

CM :
Et quand un BET Façades est consulté ?

LG :
Je suis également consulté en amont et en parallèle du BE, pour améliorer encore la qualité du dialogue et aboutir ensemble aux solutions les plus justes. Bien sûr, cela implique de s’adapter au cas par cas à la sensibilité et aux spécificités des BE.
Dès les premières phases de la conception, je participe à l’orientation des choix architecturaux qui sont bien évidemment réalisés et décidés avec Mathurin, Cyrille et les architectes affecté(e)s au projet. Cela m’arrive aussi de donner des pistes de réflexion sur la structure ou la stratégie environnementale car ces aspects intimement liés à la conception de l’enveloppe font partie de mon bagage technique acquis en bureau d’études.

CM :
Comment articules-tu ta mission avec l’équipe MOX, qui suit la plupart de nos chantiers (VISA, DET, maîtrise d’œuvre exé)?

LG :
Je pense essentiel de maintenir, nourrir et continuer à développer un lien privilégié entre les équipes de conception et les équipes de chantier. De fait, je deviens une passerelle entre HLB et MOX. J’ai l’ambition de maintenir ce lien vif entre les deux entités de manière à faciliter le travail de l’équipe MOX qui pourra profiter de carnets de détails de plus grande qualité sans pour autant que l’architecte de conception (HLB) ne perde le retour d’expérience du chantier.

©Camille Moissinac